1Comment relier ces deux magnifiques départements ?

Papillon va nous y aider. Il est né en Ardèche, à St Etienne de Lugdarès.
Jeune homme il aimait aller dans ce bar que beaucoup d’ardéchois connaissent surement, à Pont d’Ucel, rive droite de l’Ardèche près d'Aubenas.
Puis les hasards de la vie l’ont amené à voyager…

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  (photo Jean-Philippe Landel)

 

 - -blog_bagneArrivé à St Laurent du Maroni (un peu contre son gré, si j’en crois l’histoire…), il découvre un lieu de villégiature peut-être un peu austère mais très bien organisé.

Tout était prévu pour que le visiteur reste longtemps pensionnaire.

 

 

 

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Dans cet hôtel, tout le monde mettait la main à la pâte. Il a peut-être eu à manœuvrer cette pompe pour se laver ou laver son linge (et oui, il n’y avait pas de douche séparée !). Dur labeur si l’on en croit la souffrance que l’on peut lire sur ce pauvre visage.

 

 

 

 

 

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Peut-être aussi a-t-il eu à pousser ce wagonnet.
Les familles des gardiens en chef ou de la marchandise étaient véhiculées ainsi, poussées par deux bagnards munis de longues perches.
Sur des distances parfois longues de plusieurs dizaines de kilomètres : avec la chaleur ambiante, je vous laisse imaginer l’état de ces pauvres types…

 

 

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Heureusement, les nuits réparatrices lui ont permis de survivre. Il était confortablement installé sur un bas flanc, soigneusement retenu par les chevilles pour qu’il ne tombe pas la nuit.
Pour l’hébergement, la règle était la chambrée à 40 dans une grande salle appelée blockhaus. Mais comme déjà à cette époque l’administration pénitentiaire ne savait pas évaluer le succès que connaîtrait ses établissements, ils étaient jusqu’à 80 entassés et attachés sur ces bas flancs. Bonjour les odeurs au petit matin. Ceux qui ont vécu les chambrées durant leur service militaire me comprendront !

 

6Si le pensionnaire était épris d’indépendance physique (tentative d’évasion) ou morale (désobéissance) il était alors logé en chambre individuelle, autrement appelée cachot.
Selon l’humeur du gardien ou le comportement du pensionnaire dans la journée, la cheville était placée dessous la barre (moins inconfortable : il n’avait qu’une douleur au talon)...

 

 

 

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...ou au dessus de la barre (nettement plus inconfortable : en plus de celle au talon, il y avait la blessure sur le tibia provoquée par le lourd anneau).
Dans les cas extrêmes ce sont les deux chevilles qui étaient entravées, interdisant toute autre position qu’à plat sur le dos.

Bonne nuit !

 

 

 

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Afin de passer le temps, avant le coucher, il lui arrivait aussi de signer son passage.
Avec le peu d’outils dont il disposait, ce fut un travail long. Mais qu’importe, il avait tout son temps…
Il y a deux marques ‘Papillon’ dans la cellule, le guide assure que celle-ci est l’authentique.

 

 

 

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Il a échappé (de peu sûrement) à l’appareil qui trônait de temps en temps sur cet emplacement : la guillotine.

Elle servait une à deux fois par an.

 

 

 

 

 

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Ce qui lui a permit de ne pas finir dans la fosse commune de St Laurent du Maroni mais dans le petit cimetière de Lanas, près d’Aubenas.
La boucle est fermée : né en Ardèche et enterré en Ardèche.

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(photo Jean-Philippe Landel)

 

Evidemment, j'ai utilisé le mode humoristique.

Mais tout est vrai et la réalité était bien pire !

N'oubliez pas que la troisième république a été particulièrement sévère avec les pauvres. Nombreux parmi ces éxilés étaient ceux qui n'avaient pas grand chose à se reprocher, juste de la récidive de petits larcins pour survivre...

Dans les rôles des bagnards : Sélim et Néyéla, mes petits enfants