Tribulations en Guyane

Une opportunité identifiée et saisie et nous débarquons à St Laurent du Maroni, en Guyane. A près de 60 ans, après 22 ans de vie en Ardèche, nous changeons de vie. Sauf mention contraire, toutes les photos sont de Gisèle et Robert

25 juin 2009

Site légal réhabilité.....

DSCF0632Aujourd'hui nous allons visiter un site d'orpaillage dont le concessionnaire nous affirme qu'il l'a réhabilité et qui, en conséquence, en demande un autre.

Après presque deux heures de pistes correctes, nous arrivons dans la zone de l'AEX (Autorisation d'EXploitation) dans laquelle ne circulent que des véhicules utilitaires.
Le premier passage voit notre véhicule de tête embourbé.

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Tout se passe dans la bonne humeur. On sort des chaînes et on tente de sortir le collègue.
Après quelques efforts infructueux, c'est fait.

La limite la plus contraignante de ces véhicules est l'absence de blocage de différentiel. Dès qu'une roue à l'avant et une autre à l'arrière patine, on est bloqué.

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Pour plus de sureté, nous laissons les deux autres véhicules sur place et nous nous entassons dans le premier.

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Le premier contact est éloquant et confirme ce que nous pensions : aucun travail de réhabilitation n'a été effectué.

Le flat (la partie travaillée du site) n'a pas été nivelé.

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Normalement, au commencement de l'exploitation, la bonne terre et les arbres abattus auraient dû être entassés dans un endroit.

À la fin du travail, le flat aurait dû être nivelé avec le stérile puis recouvert par la bonne terre mise de côté.
La reprise de la végétation est alors rapide.
Pour ce site, il faudra quelques dizaines d'années avant que la nature reprenne ses droits.

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Sur le site, la table et les moteurs sont encore présents, comme si ils attendaient une ultime recherche...

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Comme d'habitude dans ces endroits, le cheminement est toujours un peu sportif.

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Et toujours la désolation à perte de vue.

La pollution n'est normalement pas due au mercure car ces sites sont surveillés.

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Elle est plutôt due à la boue qui tue la crique en asphixiant la faune et la flore aquatiques.

Il faudra plusieurs mois pour que l'eau redevienne propre et propice à la vie.

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Le cheminement est toujours à la limite du véhicule.

Dans ces passages, la boule d'attelage racle le sol...

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Et toujours la poubelle. Ici nous avons surtout des bidons d'essence. L'orpaillage nécessite de grandes quantités de carburant pour fonctionner.

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Voici la base vie. Quand le site était en activité il y avait du monde qui vivait ici !

Maintenant il ne reste plus que deux hommes.

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Cette fois, nous n'irons pas plus loin !

Heureusement que nous sommes près de l'endroit où travaillent les deux hommes qui restent sur le site !

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Ils sont en train de reboucher des trous et de libérer des baranques (les trous d'eau dans lesquels ils cherchent l'or dans les parois).

Ils vont nous sortir de nos ornières avec un tracteur et ils vont nous accompagner jusqu'au premier point de blocage, là où nous avons laissé les autres véhicules, au cas où ne nous pourrions pas passer.

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J'en profite pour rentrer avec eux : le vieux tracteur est plus confortable que la bétaillère de notre 4x4...

Bilan de cette visite : 3 administrations vont émettre un avis défavorable à l'attribution d'une nouvelle AEX à ce concessionnaire.

Serons-nous entendus ?

Posté par rg97 à 10:00 - Forêt amazonienne - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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15 juin 2007

Chiffres sur l'orpaillage

Aujourd'hui, pas de photos !

Plusieurs d'entre-vous m'ont demandé des renseignements techniques sur l'orpaillage et ce matin j'ai eu des réponses :

1) il faut compter environ 48000 euros pour créer un placer : achat du matériel (dont au moins 2 moteurs qui, je vous le rappelle, vont par paires), transport et mise en place de ce matériel en forêt, fournitures initiales, nécessaire pour vivre, ...

2) un placer moyen permet de séparer 3 kg d'or par mois. A 15 euros le gramme = 45000 euros.

3) si le placer n'a pas la visite d'une opération Anaconda pendant 2 mois, tout recommencer est rentable !!!

Conclusion : la pression de la répression doit être continue ! Ce qui est très difficile au vu des effectifs, des difficultés d'accès, ...

Posté par rg97 à 22:17 - Guyane - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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18 mars 2007

Fonctionnement exploitation aurifère

Et oui ! Encore un article sur l'orpaillage ! Il faut dire qu'ici c'est un sujet de conversation courant.
Aujourd'hui je vais vous expliquer comment fonctionne un site légal, c'est à dire propre.

Après avoir obtenu les autorisations nécessaires, le minier reçoit une série de fiches explicatives dont le respect est obligatoire. Ce sont les agents de l'ONF (la fameuse brigade nature que l'on voit régulièrement à la télé...) qui sont chargés, entre autres, de la surveillance.

Baranque1Ci joint une de ces fiches, celle qui explique le fonctionnement d'une mine.

Au début de l'exploitation, les résidus (de simples boues) sont rejetés le plus loin possible en forêt afin de ne pas polluer la crique.
La principale pollution d'un site légal est la boue. Or la boue empêche toute vie sur des kilomètres en aval. C'est pour cette raison qu'elles sont rejetées en forêt.
Pour les illégaux, vous avez la boue et le mercure dans la crique.
A l'ouverture de la seconde baranque (vous savez ce qu'est une baranque si vous avez suivi les premiers épisodes...), les résidus sont rejetés dans la première (vous pouvez agrandir cette image en cliquant dessus). Et ainsi de suite...
Je peux vous assurer que l'eau de la crique est propre en aval d'un site qui travaille de cette façon.
Les sites légaux n'ont plus le droit d'utiliser le mercure.
Ces installations sont longues et couteuses à mettre en place, ce qui explique que les clandestins, qui sont pressés parce que toujours à la merci d'une opération Anaconda, ne peuvent pas la mettre en oeuvre. C'est d'ailleurs ce qui signe leur présence car la crique est marron clair sur des kilomètres en aval. Il n'y a plus qu'à remonter le lit (ce qui n'est généralement pas possible à pied, d'où les missions lourdes en hélicoptère) pour repérer le site et organiser l'opération de destruction.

Enfin, à la fin de l'exploitation du site, le concessionnaire est tenu de remettre les lieux en états.
Contrairement à des doutes que j'avais émis dans un article précédent, le lit de la crique est remis en état et, en quelques années, les traces commencent à disparaître sous la végétation qui est vigoureuse ici.

Posté par rg97 à 23:47 - Guyane - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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28 novembre 2006

Orpaillage

Voilà un sujet qui fait beaucoup couler d'encre chez nous comme chez vous.39

Tout et n'importe quoi est raconté la-dessus. Où est la vérité ?

Je n'ai pas encore vu un site d'orpaillage "à pied" mais j'ai survolé une bonne partie de la zone sur laquelle je travaille. Voici quelques photos.

Je sais que pour chercher l'or ils doivent faire des excavations. C'est ce qui donne cet aspect "en pointillé" de cette crique.

Il faut savoir qu'une chasse constante est faite aux clandestins. C'est l'objet des opérations Anaconda dont la télé est friande depuis le début de l'année 2006.

Ces opérations sont menées par la Gendarmerie et l'ONF (un des rôles de la brigade Nature). IL y a deux types d'opération :

* quand c'est possible, l'hélico amène les gens à pied d'oeuvre

* quand il n'y a pas de clairière, pas de zone pour poser un hélico, c'est l'approche en 4x4 ou en pirogue et la fin du parcours à pied.

A Saint Laurent nous n'accompagnons les gendarmes que pour les opérations fluviales ou terrestres, lorsqu'ils peuvent avoir besoin de guide car les agents ONF présents depuis longtemps (l'un d'entre nous depuis 13 ans) connaissent très bien la forêt et savent s'orienter même dans le sous bois.Dans ces actions nos formations sont complémentaires.

Je rappelle pour ceux qui ne connaissent pas très bien l'ONF que le41 personnel technique est assermenté et autorisé au port d'arme.
Nous sommes habilités à dresser procès verbal pour tout ce qui se passe en forêt et nous sommes équipés de revolvers P38 (9 mm).

Lorsqu'un campement est repéré, les occupants, généralement, s'enfuient. Parfois, ils assistent à la destruction du matériel.

Les moteurs sont détruits avec des pots thermiques qui fondent le bloc moteur, le rendant irréparable. Les pompes sont fracassées, le campement détruit (intendance, logement).

De nombreux quads sont également détruits. Le quad est un engin performant en forêt. Il ne nécessite qu'une piste étroite et sommairement aménagée pour passer. Les clandestins font parfois des pistes de plusieurs kilomètres pour ravitailler les campements. Leur détermination est extraordinaire.

Les clandestins sont souvent brésiliens et ils sont ravitaillés depuis le Suriname voisin. On peut dire sans risque de se tromper que ceux qui se font de l'or sans risque sont les commerçants (marchands de pompes et de moteurs, nourriture, ...)

Lorsque les accès des criques sont trop surveillés, les clandestins utilisent les moyens terrestres avec parfois le portage à dos d'homme (essence et fuel en bidons de 30 l, outillage, nourriture, ...).

La photo du dessus vous permet de vous rendre compte de l'environnement, la forêt omniprésente et le trait sale de la crique mutilée pour de l'or.

J'espère pouvoir vous montrer bientôt des photos terrestres. 52Je pourrais alors vous donner des explications plus techniques sur l'ensemble des processus.

Ci-contre, la fumée est vraisemblablement celle du campement des résidents.

L'ensemble des sites survolés lors de cette tournée particulière a ensuite été traité à pied.

L'or est vraiment un puissant stimulant !!!

Posté par rg97 à 00:50 - Guyane - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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