Tribulations en Guyane

Une opportunité identifiée et saisie et nous débarquons à St Laurent du Maroni, en Guyane. A près de 60 ans, après 22 ans de vie en Ardèche, nous changeons de vie. Sauf mention contraire, toutes les photos sont de Gisèle et Robert

08 juin 2007

Année 1966 3/3

01_1966Pour clore cette petite série, voici quelques photos de ce qui est devenu depuis l'aérodrôme international de la Guyane : Cayenne-Rochambeau.

J'ai attendu un passage à Rochambeau pour finaliser l'article.

Maintenant, même si cette zone a échappé à l'urbanisation, il y a tout de même des habitations (pas de cité).

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Vue aérienne de Cayenne-Rochambeau.

Si des guyanais regardent ces photos, ils pourront apprécier l'évolution !!!

Il n'y avait pas besoin de grandes installations à l'époque...

01_1966Les avions étaient plus rustiques. Michel avait emprunté un DC4 militaire en provenance des Antilles pour venir en Guyane.

Ces machines avaient une fière allure !

01_1966Les installations au sol...

Il y a des aéro clubs qui ont les mêmes...

photos de cet article : Michel Dubois
(agrandissables en cliquant dessus)

0521_18Puis les installations ont évolué.

Cette photo date d'avant 2001, car cette année là, pour notre premier voyage à Cayenne, c'est le nouvel aérogare, tout neuf, qui nous avait accueilli.

(je n'ai pas trop cherché pour trouver la date)

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Voici la nouvelle aérogare.

Rochambeau est le plus petit, en terme de trafic, des aéroports internationaux français.

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Et voici les nouveaux avions...

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10 mai 2007

Une belle histoire

DSCF1361_1Le bagne inspire toujours et fait courir l'imagination. L'histoire que je vais vous conter a été peinte en 2006 à l'extérieur des murs d'enceinte du bagne, le long du Maroni.

Le syndicat d'initiative n'a pas su me dire le nom de l'artiste auteur des dessins qui vont suivre.

Le point de départ de notre histoire est cette belle statue que vous avez déjà eu l'occasion de voir dans ce blog. Elle montre toute la misère du monde qui s'est abattue sur ce pauvre bougre.

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La revoici, dans un style très apuré.

Nous allons suivre ce personnage.

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Il saisit maintenant un outil...

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La chaîne ne résiste pas longtemps à la détermination de notre homme...

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Et le voilà fuyant ce lieu maudit.

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Mais l'aventure n'est pas sans risque.

Il va lui falloir affronter la forêt hostile, les marécages sournois et nombre de bêtes sauvages...

Mais déjà il aperçoit les oiseaux porteurs d'espoir...

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Au loin une superbe créature l'attend et lui tend déjà les bras.

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La rencontre a bientôt lieu...

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Et la vie reprend ses droits...

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Voici le mur de l'espoir.

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05 mai 2007

Année 1966 2/3

1966Et nous retournons sur les traces du bagne !
Les guyanais le reconnaissent volontiers, les guides le disent aussi : la Guyane a longtemps eu honte de son passé avec le bagne.

Les installations ont été laissées à l'abandon pendant plusieurs dizaines d'années et pillées par les riverains qui avaient besoin de matériaux pour construire leurs bâtiments.
La photo du haut devrait rappeler des souvenirs à certains... n'est-ce pas Jean-Philippe ?

Certains murs d'enceintes (des logements des cadres du bagne) étaient construits en briques fabriquées en Guyane par l'administration pénitentiaire.
Ces briques portaient en relief les initiales AP et le lieu de leur fabrication.

DSCF1268Elles étaient devenues des objets de collection de valeur que les locaux et les touristes n'hésitaient pas à emmener dans leurs bagages pour les revendre. Ceci est maintenant sévèrement interdit.

Ces deux premières photos vous montre les deux aspects de l'entrée du bagne de Saint Laurent.

1966Les photos suivantes vous montre les installations de Sinnamary, grande commune de Guyane (en surface) proche de Kourou.

Pour voir l'aspect des installations de nos jours, sélectionnez la catégorie Bagne.

(toutes les photos de cet article sont de Michel Dubois)

1966

1966

Ce que vous voyez là est le plafond des cellules. Certaines punitions étaient effectuées dans des cellules sans plafond. Sans un pays où il pleut souvent, on imagine le confort du séjour. Je crois sincèrement que les organisateurs du bagne et l'encadrememnt étaient de la même trempe que ceux des bagnards qui n'avaient pas volé leur séjour... Simplement, les uns étaient payés pendant que les autres subissaient les brimades (souvent mortelles...).

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24 avril 2007

Année 1966 1/3

Grâce à un ami qui est venu faire un pèlerinage il y a quelques semaines, je vous présenter quelques photos de la Guyane prises en 1966. Hé ! c'est pas d'hier !!
1966Les photos originales sont des diapositives.
Le temps ne respectant rien, les couleurs sont un peu passées. vous pouvez les agrandir en cliquant dessus.

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Toutes les photos de 1966 sont de Michel Dubois.
Je superpose les photos de 1966 avec celles de 2007.

Sur ces deux photos vous retrouvez les mêmes maisons latéralement.

Mais la belle du fond à disparu...

1966Une autre série de deux avec l'église historique de Saint Laurent.

Le quartier a assez peu changé.

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La maison de droite a disparu et a laissé la place à une banque.

Le gros arbre aussi a vécu (je ne serai pas surpris d'apprendre que c'était un manguier...)

1966L'épave de camion sur l'herbe semble montrer que nous sommes à la limite de l'agglomération.
La maison de droite au mur rose était encore revêtue de sa belle livrée. Elle a un peu vieillie...
Remarquez que la maison de gauche avait sa rampe d'escalier à cette époque.

DSCF1265Vous pouvez constater qu'en 2007 il n'y a plus de rampe à l'escalier, mais attendez plus loin...

Il faut savoir qu'en ce temps là, comme dans beaucoup de villages en métropole, il n'y avait pas de voleur.

Les anciens parlent volontiers du temps où l'on pouvait quitter sa maison en la laissant ouverte sans crainte des voleurs.

Puis il y eu la guerre civile du Surinam, les clandestins violents du Guyana (on tire d'abord, on vole après...)

DSCF1267Cette photo pour vous montrer que les rampes de l'escalier ne sont pas loin et que, apparemment, tout ne se vole pas !!!

1966

La dernière photo n'est pas située géographiquement.
C'est à cette époque qu'a été construite la route actuelle de St Laurent.
Avant, c'est la route construite par les bagards au prix de milliers de morts, qui reliait St Laurent à Kourou et Cayenne.

Merci à Michel pour ces photos émouvantes.

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10 mars 2007

De l'Ardèche à la Guyane

1Comment relier ces deux magnifiques départements ?

Papillon va nous y aider. Il est né en Ardèche, à St Etienne de Lugdarès.
Jeune homme il aimait aller dans ce bar que beaucoup d’ardéchois connaissent surement, à Pont d’Ucel, rive droite de l’Ardèche près d'Aubenas.
Puis les hasards de la vie l’ont amené à voyager…

(photo Jean-Philippe Landel)

2

Arrivé à St Laurent du Maroni (un peu contre son gré, si j’en crois l’histoire…), il découvre un lieu de villégiature peut-être un peu austère mais très bien organisé.

Tout était prévu pour que le visiteur reste longtemps pensionnaire.

3

Dans cet hôtel, tout le monde mettait à la pâte. Il a peut-être eu à manœuvrer cette pompe pour se laver ou laver son linge (et oui, il n’y avait pas de douche séparée !). Dur labeur si l’on en croit la souffrance que l’on peut lire sur ce pauvre visage.

4

Peut-être aussi a-t-il eu à pousser ce wagonnet.
Les familles des gardiens en chef ou de la marchandise étaient véhiculées ainsi, poussées par deux bagnards munis de longues perches.
Sur des distances parfois longues de plusieurs dizaines de kilomètres : avec la chaleur ambiante, je vous laisse imaginer l’état de ces pauvres types…

5

Heureusement, les nuits réparatrices lui ont permis de survivre. Il était confortablement installé sur un bas flanc, soigneusement retenu par les chevilles pour qu’il ne tombe pas la nuit.
Pour l’hébergement, la règle était la chambrée à 40 dans une grande salle appelée blockhaus. Mais comme déjà à cette époque l’administration pénitentiaire ne savait pas évaluer le succès que connaîtrait ses établissements, ils étaient jusqu’à 80 entassés et attachés sur ces bas flancs. Bonjour les odeurs au petit matin. Ceux qui ont vécu les chambrées durant leur service militaire me comprendront !

6Si le pensionnaire était épris d’indépendance physique (tentative d’évasion) ou morale (désobéissance) il était alors logé en chambre individuelle, autrement appelée cachot.
Selon l’humeur du gardien ou le comportement du pensionnaire dans la journée, la cheville était placée dessous la barre (moins inconfortable : il n’avait qu’une douleur au talon)...

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...ou au dessus de la barre (nettement plus inconfortable : en plus de celle au talon, il y avait la blessure sur le tibia provoquée par le lourd anneau).
Dans les cas extrêmes ce sont les deux chevilles qui étaient entravées, interdisant toute autre position qu’à plat sur le dos.

Bonne nuit !

8

Afin de passer le temps, avant le coucher, il lui arrivait aussi de signer son passage.
Avec le peu d’outils dont il disposait, ce fut un travail long. Mais qu’importe, il avait tout son temps…
Il y a deux marques ‘Papillon’ dans la cellule, le guide assure que celle-ci est l’authentique.

9

Il a échappé (de peu sûrement) à l’appareil qui trônait de temps en temps sur cet emplacement : la guillotine.

Elle servait une à deux fois par an.

10

Ce qui lui a permit de ne pas finir dans la fosse commune de St Laurent du Maroni mais dans le petit cimetière de Lanas, près d’Aubenas.
La boucle est fermée : né en Ardèche et enterré en Ardèche.

(photo Jean-Philippe Landel)

Evidemment, j'ai utilisé le mode humoristique.

Mais tout est vrai et la réalité était bien pire !

N'oubliez pas que la troisième république a été particulièrement sévère avec les pauvres. Nombreux parmi ces éxilés étaient ceux qui n'avaient pas grand chose à se reprocher, juste de la récidive de petits larcins pour survivre...

Dans les rôles des bagnards : Sélim et Néyéla, mes petits enfants

Posté par rg97 à 11:09 - Bagne - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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