27 avril 2009
Désignation en forêt
Je vous emmène au travail en forêt profonde.
Nous arrivons sur un ancien site d'orpaillage légal. Nous sommes à environ 2 heures de 4x4 de St Laurent du Maroni.
Nous préparons rapidement les sacs et c'est parti pour une bonne demi-heure de marche.
Comme d'habitude il y a des criques à franchir.
Le site est encore lunaire, mais des plantations de palmiers ont été faites et dans quelques années la forêt aura repris possession des lieux.
Une partie de notre groupe.
Rapidement nous sommes dans le sous bois.
Il fait d'autant plus sombre que le ciel est très gris et qu'il devrait bientôt pleuvoir...
Nous voici à pied d'oeuvre. Nous préparons le matériel : un GPS et un micro ordinateur de terrain.
Tout de suite nous sommes arrêtés par la pluie. Une pluie violente qui empêche toute activité.
Immédiatement, nos collègues locaux coupent des feuilles de palmier patawa et voilà un abri vite fait et très efficace.
Nous aurons plusieurs interruptions de ce genre dans la journée.
Afin de vendre les arbres récoltables, il faut d'abord les inventorier. En métropole on passe en martelage, ici c'est la désignation.
La forêt est découpée en parcelles et chaque parcelle en unité de production pour faciliter le travail.
On parcourt toute la surface et, pour chaque arbre récoltable, on appose une plaquette avec un numéro.
On note pour chacun d'eux :
* le numéro de la plaquette
* l'essence
* le diamètre
et avec le GPS on relève le point géographique (en réalité un point pour une zone d'arbres).
Cela nous permettra de fournir à l'exploitant forestier une carte des arbres à récolter pour faciliter son travail.
Les arbres pas encore récoltables mais prometteurs sont appelés arbres d'avenir et nous les marquons à la peinture bleue. Les exploitants n'auront pas le droit de les abattre.
De temps en temps nous voyons de belles fleurs. Ici des fleurs de plante épiphyte (plante non parasite qui vit en symbiose avec l'arbre).
Puis c'est l'heure du repas.
Moment de calme et de sérénité, qui permet de récupérer un peu car ce travail est pénible et fatigant. On marche beaucoup...
Mais tout n'est pas toujours idyllique...
et nous sommes de nouveau soumis à une pluie... équatoriale !
Cette liane est vraiment magnifique.
Et nous voici de retour vers les véhicules.
Direction le carbet pour une nuit en hamac (on dort bien en hamac... lorsqu'on nous a montré comment il faut faire !) bien méritée !
20 avril 2009
Les chutes Voltaire
itinéraire de la sortie aux chutes Voltaire.
Et nous revoilà reparti vers les chutes Voltaire.
Cédric vient de s'offrir ce petit 4x4 et nous l'étrennons sur cette piste qui n'est pas de tout repos.
Nous rencontrons un curieux cortège : un insecte qui traine une mygale presque morte.
La mygale, qui est un des symboles des dangers de la Guyane (!!!), a été attaquée par cette guèpe (certaines espèces peuvent atteindre 8 cm de long).
Pour la petite histoire, c'est une guêpe de l'ordre des Hyménoptères, de la famille des Pompilidae, du genre Pepsis de l'espèce heros (vraiment un héros pour oser s'attaquer à un si gros adversaire).
Elle va pondre dans la tête de la mygale et enterrer le corps. Les larves vont se nourrir du corps.
(désolé pour l'étalon de taille, nous n'avons rien trouvé de mieux)
Puis c'est la piste. 70 km de chaussée pas toujours très confortable !
Il nous faudra presque 3 heures pour arriver à destination.
Et c'est le début de la marche.
Une heure de layon ombragé et presque frais avant d'arriver à ces chutes magnifiques.
C'est la première fois que j'y vais en saison sèche. Il n'y a vraiment pas beaucoup d'eau.
Mais le site est toujours aussi magnifique.
Puis c'est le retour.
Avec tout le trajet à faire, pas question de s'éterniser sur le site.
Bien qu'encore impressionnant, le sac est tout de même plus léger qu'à l'aller.
Il y a très peu de rochers et de cailloux en Guyane.
Cette formation rocheuse est donc rare.
La fin de la saison sèche approche et nous subissons le presque traditionnel orage de l'après midi.
Ce qui nous vaut de beaux franchissements.
11 avril 2009
Survol de la piste de Paul Isnard
Aujourd'hui nous sommes à la recherche de nouveaux abattis et nous allons faire ce travail en ULM. Quel gain de temps !
Dans l'article "Survol de l'ouest guyanais", je vous avais montré le principal champ de cannes qui alimente notre rhumerie (la seule de Guyane).
Voici ce qui en reste après un incendie qui a duré toute une journée. Si la forêt ne brûle pas, on ne peut pas en dire autant de la canne à sucre !
Voici la piste à la sortie de St Laurent. Il y a beaucoup d'activité !
Ces maisons et ces abattis sont maintenant anciens.
On peut être certain que rien n'a été fait dans les règles. Bien rares sont les maisons qui ont fait l'objet d'un permis de construire.
Et pourtant certaines ne ressemblent pas à des cases !!!
Ces maisons posent de sérieux problèmes à la municipalité car une fois installés les gens font des demandes d'eau et d'électricité.
Si il n'y a pas (trop) de problèmes pour l'électricité, il n'en va pas de même pour l'eau car il n'y a pas de réseau.
Voilà, nous sommes au bout de la zone colonisée (environ Pk18).
Au delà, c'est le domaine des chasseurs, des forestiers et des orpailleurs légaux comme illégaux.
Pratiquement tous les soirs, il y a un fort trafic de clandestins qui assurent le ravitaillement des sites illégaux. De temps en temps les gendarmes font de belles prises.
voilà, nous sommes de nouveau près de St Laurent.
La décharge a été mise aux normes. Il n'y a pas très longtemps elle était encore à ciel ouvert.
Voici un bel abattis situé assez loin de la piste. Le propriétaire ne tardera pas à recevoir notre visite... pour sa plus grande surprise car les gens se demandent souvent comment on peut les découvrir.
Et voici St Laurent, un peu dans la brume.
Sur cette photo vous avez toute l'agglomération St Laurentaise.
Le terrain d'aviation sépare la ville en deux.
Au premier plan : la crique Balaté.
05 avril 2009
Visite du ministre
Samedi 4 avril : grand branle-bas à St Laurent du Maroni ! Yves Jego, secrétaire d'État à l'Outre-mer nous rend visite...
Il a une journée pour visiter l'ouest guyanais.
La matinée à St Laurent et l'après-midi à Mana pour parler, entre autres, des problèmes de la riziculture.
Notre maire, Léon Bertrand, ancien ministre du tourisme sous Jacques Chirac, accueille son collègue.
Puis c'est le tour de notre visiteur.
Discours magistral. Tous les problèmes locaux, ou presque, sont abordés, compris et même pratiquement pris en compte dans la chaîne des décisions. Mais nous connaissons tous les politiques : que sortira-t-il de toutes ces bonnes intentions ?
Malgré l'heure matinale pour un samedi (8h30) les auditeurs sont nombreux et attentifs.
puis les vedettes sont parties rapidement pour finir de boucler la matinée au pas de course pendant que les spectateurs étaient conviés à un buffet de pâtisseries accompagnées de café et autres boissons.
c'est le moment qu'a choisi mon appareil photo pour tomber en panne....
04 avril 2009
L'église d'Iracoubo
Iracoubo est une petite bourgade située à mi chemin entre Kourou et Saint Laurent du Maroni.
C'est un village sans charme particulier autre que d'être le seul village de France à posséder un check-point !
Au niveau du pont sur l'Iracoubo il y a un barrage permanent de gendarmes qui arrêtent tous les véhicules qui veulent passer. Et comme il n'y a pas de petits profits par les temps qui courent, ils vérifient l'assurance, le contrôle technique, etc... tout ça pour notre sécurité bien entendu ! C'est réellement ignoble !
Et comme il n'y a pas d'autre route, ils n'ont qu'à attendre tranquillement les pigeons !
Initialement, le but de ce contrôle était d'empêcher les clandestins en provenance principalement du Suriname voisin d'aller porter la délinquance sur Kourou et Cayenne et de la concentrer sur St Laurent....
Mais ce village a une richesse : son église.
Elle a été construite au début du bagne pour être inaugurée, pardon, bénite le 6 juillet 1893.
À l'origine la toiture était en ardoise. Tous les matériaux sont locaux.
Les briques étaient la spécialité du bagne. Elles étaient utilisées pour tout : les maisons, les murs, les décorations.
Le périmètre de l'église a donc été fait en briques.
Il y avait plusieurs briqueteries mais toutes ont fermé. Chaque usine avait sa marque gravée dans la brique.
C'est ainsi que des collectionneurs se sont intéressés à elles à tel point qu'il a fallu les protéger et qu'il est interdit de les sortir de Guyane.
L'autel nous accueille, magnifique.
Tout l'intérieur de l'église a été peint par un artiste : Pierre Huguet, bagnard de son état.
C'était un multi récidiviste de l'évasion, mais aussi, et surtout, un artiste peintre.
Peut-être que cela lui a évité les punitions particulièrement inhumaines qui étaient supposées empêcher les évasions ?
Il a commencé son travail en 1892 et il a terminé en 1898.
Sur la vidéo qui suit cet article, vous pourrez admirer cette oeuvre en écoutant Panis angilicus de César Franck interprété par Gisèle.
Je vous laisse admirer cette superbe décoration.
N'hésitez pas à cliquer sur les photos pour les agrandir.
Iracoubo
Iracoubo
Vidéo envoyée par robert97
L'église d'Iracoubo a été entièrement décorée par Pierre Huguet, bagnard, entre 1892 et 1898. Cette église fait partie du patrimoine de la Guyane. Chant Panis Angelicus de César Franck interprété par Gisèle Hamelin.















































