25 mars 2009
Au pays des ibis rouges (2)
Et nous disons au revoir à nos ibis. La nuit tombe rapidement ici et il ne faut pas se laisser surprendre sur le fleuve.
(photo Claude Vergnaud)
Au passage, admirons le système racinaire des palétuviers.
La mangrove vit une quinzaine d'année. Les premiers palétuviers s'installent en bord d'océan. Ils retiennent dans leurs racines des boues qui permettent l'implantation de nouveaux arbres et ainsi de suite.
Puis les premiers palétuviers commencent à dépérir et meurent. Le sol disparaît progressivement et la mangrove avec.
Elle se réinstallera quelques années plus tard. En plus des ibis qui sont agréables à regarder, la mangrove abrite des petits papillons qui ont une poussière très urticante sous les ailes. Tous les ans, la papillonnite sévit dans la zone littorale. Les démangeaisons sont insupportables et il n'y a pas grand chose à faire pour les soulager.
Nous ne sommes pas les seuls à observer les oiseaux.
Nous pensons que ce monsieur bien blanc et torse nu se rappellera longtemps de son passage sur le Sinnamary !!!
Un peu partout, il y a des petits canaux impraticables qui pénètrent sous la mangrove.
Et nous dérangeons ces curieux poissons appelés gros yeux.
Ils ont la particularité de se déplacer à la surface de l'eau.
Ils prolifèrent tranquillement vu qu'ils ne sont pas comestibles (enfin au moins pour l'homme...)
Les palmiers sont présents partout en Guyane. Il y a ceux qui sont bien au bord de l'eau (quand ce n'est pas les pieds dans l'eau des marécages) et ceux qui ne sont présents que dans les zones plus sèches.
Ils créent un paysage attachant.
Les hardis navigateurs sont tous heureux de ce bon moment passé sur le fleuve...
Heureux aussi de ce petit intermèdes sans pluie.
Et nous voici en vue de Sinnamary. L'arrivée dans ce village est belle d'où que l'on arrive.
Je vous rappelle que Sinnamary est le village natal de Henri Salvador.
Ce qui est bizarre ici, c'est la présence du cimetière au bord du fleuve, juste à côté du port de pêche.
19 mars 2009
Au pays des ibis rouges (1)
Ce week-end nous allons à Sinnamary, chez nos amis Bernard et Françoise, pour faire une balade sur le fleuve Sinnamary, à la recherche des ibis rouges.
Nous utilisons la coque alu du collègue. C'est un type de barque très utilisé dans la région.
Sinnamary est à mi-chemin entre Cayenne à l'est et St Laurent du Maroni à l'ouest.
Sur la route, nous avons la surprise de rencontrer cet anaconda qui a été écrasé il n'y a pas longtemps car les charognards n'ont pas encore commencé leur travail.
Comme chez nous, un serpent sur la route n'a aucune chance de s'en sortir vivant. Rares sont les gens qui ont conscience de leur utilité.
L'embarquement se fait tranquillement, il n'y a pas foule au dégrad (lieu d'embarquement, port).
Dès le départ, nous longeons la mangrove. C'est une forêt de palétuviers. Ces arbres ont la particularité de vivre dans un milieu humide et salin. Ils ont des racines aériennes très caractéristiques que vous verrez plus loin.
Voici les ibis rouges. Leur couleur est due à leur régime alimentaire à base de crustacés.
Ils ont leur belle couleur à environ 2 ans.
(photo Claude Vergnaud)
Le garde-manger est bien garni et les convives sont nombreux...
(photo Claude Vergninaud)
Les belles couleurs des ibis ont évidemment failli causer leur perte il y a quelques années.
La chasse a été interdite il y a plus de dix ans maintenant et la population s'est bien reconstituée.
(photo Claude Vergnaud)
Il n'y a pas que les ibis. Les becs en ciseaux sont nombreux également.
Ces oiseaux se nourrissent à la volée. Ils frôlent l'eau et leurs becs trempent et capturent les imprudents qui nagent près de la surface.
(photo Claude Vergnaud)
Nous avons eu la chance d'avoir un rayon de soleil, ce qui est assez rare en ce moment car nous vivons une saison des pluies longue et intense.
Les hardis navigateurs sont gênés par la lumière...
Voici l'enracinement des palétuviers. C'est un superbe entrelacement.
Allez, un dernier vol d'ibis pour vous faire attendre la suite...
(photo Claude Vergnaud)
12 mars 2009
Inondations à St Laurent du Maroni
La saison des pluies bat son plein. Les criques débordent, les sols sont gorgés d'eau, l'eau monte !
Traditionnellement, les gens s'installent près de leurs abattis ou au bord d'une route.
Les installations se sont intensifiées il y a une vingtaine d'années, avec l'arrivée des réfugiés de la guerre civile du Surinam, le pays voisin.
Comme tout le monde a la même façon de vivre et le même langage (Bushe nengué tongo dit taki taki), ils se sont installés comme les français et ils n'ont pas accepté de repartir au pays une fois la guerre terminée.
Personne n'a demandé de permis de construire et beaucoup sont dans des zones inondables.
La mairie, dépassée par les évènements à cette époque, n'a pas réagi et elle doit maintenant régler un problème difficile à chaque fois qu'il y a des inondations.... c'est à dire presque tous les ans et parfois même plusieurs fois par an.
Je vous rappelle que la saison des pluies dure environ 8 mois en amazonie...
La route est très abîmée par ces pluies continuelles. Elle se dégrade de jour en jour et il faut être très vigilant.
Heureusement qu'il n'y a que très peu de trafic la nuit !
Pour terminer, deux beaux paysages. Les palmiers sont présents partout en forêt.
En individuel ou en bouquet d'arbres.
Ici, ne vous y trompez pas. Ce n'est pas un pâturage de moyenne montagne,
vous êtes bien à dix kilomètres de St Laurent...
L'eau n'est pas un fléau partout : l'herbe est vraiment magnifique.
Malheureusement, elle est peu nutritive et les animaux qui doivent parcourir de grandes surfaces pour survivre...
06 mars 2009
Une routière à Apatou
Je pense avoir été le premier à aller à Apatou avec une moto routière. Déjà les voitures et les petits camions rejoignent ce village par la nouvelle route (qui n'est toujours pas ouverte à la circulation). Même les taxi-collectifs ont commencé à faire la liaison avec St Laurent.
La nouvelle route est celle en pointillés jaune et noir. Une création de cinquante kilomètres qui devrait être mise en service fin 2009 - début 2010.
Qu'est-ce que je vous disais ? La route est bien fermée à la circulation.
Et nous voici devant ce joli pont que je vous ai déjà montré plusieurs fois.
Il pouvait supporter des charges de plus de 30 T. Il parait qu'il sera démoli à la fin des travaux. Dommage !
Et toujours ces somptueux paysages dont je ne me lasse pas.
Ces murs de latérite résistent très bien à la pluie. Rapidement, ils deviennent très durs et il n'y a pratiquement plus d'éboulis.
Le nombre de rigoles d'évacuation d'eau vous donne une idée des quantités d'eau qu'il faut pouvoir évacuer pendant certains épisodes de la saison des pluies.
Le pont de la crique Sparouine n'est pas terminé. On passe par le pont de service. Le revêtement n'est pas parfait, mais ça passe...
Après la crique Sparouine, on change de paysage. Les gens du village et des Kampous (hameaux qui vivent des abattis si je ne m'abuse) ont eu le temps de coloniser les bords de la route.
Ce n'est qu'une succession d'abattis.
Les deux derniers kilomètres ne sont pas encore goudronnés. Il faut être prudent car la garde au sol de ma moto est plutôt faible.
Avant d'arriver, la station d'épuration encore en construction. Un équipement pour 5000 équivalents habitants.
En Guyane de nombreuses stations sont des lagunes.
C'est un système avec plusieurs bacs en cascade.
Le vieux pont à l'arrivée dans le village. Il n'est pas prêt d'être saturé par la circulation...
Voilà l'entrée du village.
Toute la signalisation est neuve. Il n'y a que quelques mois qu'une circulation de voitures a commencé.
Le village.
Pour l'instant il n'y a rien d'ouvert le dimanche.
Apatou est très animé en semaine.
Un équipement touristique encore peu utilisé au bord du Maroni









































